jeudi 1 mars 2012

Des avantages et inconvénients des concours de nouvelles


 Cet article fait suite au message du 22 février 2012

 Face A

 La toute première qualité d’un concours de nouvelles est de vous faire EXISTER en tant qu’écrivain (écrivain amateur, écrivain du dimanche - nous sommes d’accord mais « écrivain » tout de même !)
 Et rien que pour ça, ça vaut le coup de les faire !
 Car pour la première fois quelqu’un va attendre vos textes.
 Et non seulement les attendre mais aussi les lire !
 Avec une chance (sur cinquante, cent ou quelques centaines) de remarquer votre texte et même, récompense suprême, de lui donner un prix !

 Second avantage, la possibilité d’être publié dans un « vrai » livre.
 Car (relativement) nombreux sont les concours de nouvelles qui éditent les textes gagnants – voire les dix ou vingt premiers – dans un recueil. C’est une étape, un encouragement formidable que de pouvoir ranger dans sa bibliothèque un ouvrage comprenant l’un de ses textes.

 Face B

 Si votre nouvelle s’ouvre sur une scène explicite de cunnilingus ou si les protagonistes de votre histoire se traitent « d’enculés » - peut-être l’insulte la plus couramment utilisée de nos jours, et pas seulement dans les stades de foot - la probabilité que votre texte figure sur le podium se réduit d’un coup à zéro.
 Ne vous méprenez pas, il n’entre nullement dans mes intentions de promouvoir la pornographie ou la vulgarité ( !) – je veux simplement illustrer le fait qu’à partir du moment où l’organisateur est une association littéraire ou une municipalité qui publiera le ou les gagnants dans le bulletin de la commune, les situations ou éléments de vocabulaire précédemment cités peuvent s’avérer rédhibitoires. C’est « tenue correcte exigée ».
 Du coup, on peut se poser la question : est-ce qu’un écrivain comme Philippe Djian (que personnellement j’aime beaucoup, surtout dans sa première période) gagnerait des concours de nouvelles avec ses textes plutôt osés ?
 Rien n’est moins sûr !
 Il est pourtant un des écrivains français les plus cotés.
 Imaginez maintenant le meilleur : vous venez d’obtenir le 1er prix du concours de Trifouillis-les-Oies. Une cérémonie est donnée en votre honneur, cérémonie au cours de laquelle tout ou partie de votre nouvelle est lue devant un parterre de quelques dizaines de personnes. Aux anges, vous remerciez tout le monde avant de boire un coup – et même deux – pour fêter le chèque de 300 euros qui vous est remis en guise de 1er prix.
 Vous repartez chez vous, grisé par cet événement certes modeste mais sympathique et chaleureux.
 Vous avez vraiment passé un bon moment, c’est certain ! Ceci étant, que se passe-t-il ensuite ?
 Rien.
 Les concours de nouvelles sont des « one-shot » qui ne débouchent pas sur des propositions de contrat d’édition avec des éditeurs (il peut y avoir des exceptions – mais ce sont justement des exceptions !)

 Mon avis
 Les concours de nouvelles sont autant d’encouragements à écrire. Mais – me semble-t-il – dans un certain classicisme. C’est mon sentiment, le retour de ma propre expérience.
 De même, ces concours n’ont pas pour vocation de faire évoluer votre écriture, ni sur le fond ni sur la forme. Votre style, votre ton, il faudra vous les forger par vous-mêmes, en dehors de tout concours.
(à suivre – je n’ai pas fini mais j’ai sommeil !)



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1 commentaire:

  1. 100% d'accord avec toi!
    Les concours servent de starter pour démarrer l'écriture de façon un peu plus sérieuse. Mais effectivement, le style récompensé la plupart du temps par les jury est assez "classique". Faut pas trop marcher en dehors des allées!!!
    Mais c'est vrai aussi que le bonheur ressenti en apprenant que son texte a été retenu n'a pas de prix :-)

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