jeudi 27 décembre 2018

Quand j’étais jeune (70/100)


Quand j’étais jeune, je croyais aux miracles.
J’y crois toujours - sauf qu’avant, je croyais à la possibilité d’un miracle quotidien.
A présent, je dirais plutôt que deux ou trois miracles dans une vie, c’est déjà beaucoup.

Miracle

Quand j’étais jeune (69/100)


Quand j’étais jeune, j’aurais préféré avoir moins de cadeaux de Noël et que mes parents s’entendent mieux.

Cadeaux de Noël

vendredi 21 décembre 2018

Quand j'étais jeune (68/100)


Quand j’étais jeune, je trouvais ça drôle les chiards qui, dans les galeries marchandes, hurlaient à la mort, rouges écarlates et la morve au nez, en tirant de toutes leurs forces dans le sens opposé de leurs malheureux parents – eux-mêmes le plus souvent dépassés et honteux du spectacle offert à leurs dépends.
Je trouvais ça drôle, oui.
Jusqu’au moment où j’ai moi-même été jeune parent.

Caprice

Quand j'étais jeune (67/100)


Quand j’étais jeune, je croyais que l’on pouvait changer le monde avec une feuille et un stylo.
C’est faux.
Il faut au moins un clavier et un écran.

Changer le Monde

Quand j'étais jeune (66/100)


Quand j’étais jeune, la première fois que j’entendis parler d’un « Roi sans couronne », ce fut à propos de Paul Kérès, un joueur d’échecs.
Paul Kérès est né en Estonie en 1916. En 1940, l’Estonie est envahie par l’URSS de Staline, ainsi que le prévoyaient les accords secrets du pacte germano-soviétique de 1939.
L’année suivante (le 22 juin 1941), c’est l’opération Barbarossa : Hitler attaque à l’est sans préavis. Trois millions de soldats allemands déferlent simultanément sur une ligne de front partant du nord de l’Allemagne au sud de la Roumanie. En Estonie, les envahisseurs changent de nationalité ; ils ne sont plus soviétiques mais allemands.
Kérès choisit de continuer à jouer aux échecs sous l’occupation allemande. Cela lui vaudra d’être emprisonné par l’armée rouge à la fin de la guerre – un moindre mal dans la mesure où il aurait dû être fusillé. Boris Spassky (Champion du monde des échecs de 1969 à 1972) dira : « Pour moi, c’est un mystère comment Kérès a pu survivre en 1945. » Plusieurs personnes auraient intercédé en sa faveur auprès des plus hautes instances - dont Mikhaïl Botvinnik, autre champion des échecs.
L’Estonie étant intégrée au sein de L’URSS, Paul Kérès devient citoyen soviétique. D’abord exclu des compétitions, il finit par intégrer l’équipe nationale où figurait déjà un certain… Mikhaïl Botvinnik.
Botvinnik dit lui-même avoir été « exempté de l’obligation de servir dans l’armée » pendant la seconde guerre mondiale – trop important, trop précieux pour cela. Viatcheslav Molotov, celui à qui Staline a demandé d’annoncer l’attaque allemande dans la nuit du 21 au 22 juin 1941, le formulera clairement : « Il est absolument nécessaire de maintenir le camarade Botvinnik prêt pour jouer aux échecs. »
Vient le tournoi des candidats de 1948 pour le titre de champion du monde. Au cours d’un match décevant émaillé d’erreurs de part et d’autre, Kérès est battu par Botvinnik. Personne ne reconnait le style d’ordinaire si fougueux et brillant de Paul Kérès. Botvinnik est sacré Champion du monde.
Par la suite, Kérès échouera toujours sur l’avant-dernière marche (le tournoi des candidats) dans sa quête pour le titre suprême, battu à chaque fois par le futur Champion du monde (Smyslov en 1953 et 1956, Tal en 1959 et Petrossian en 1962).
Desservi par les circonstances ou victime de malchance, Paul Kérès restera le « Roi sans couronne » du monde des échecs. Il est décédé le 5 juin 1975 (à l’âge de 59 ans) d’un infarctus à l’aéroport d’Helsinki.

Paul KERES