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| Un Monde de mots |
Fictions à lire en ligne, contes noirs et création d'images ; présentation de mes livres et questions futiles et existentielles (tous les articles sont classés dans la colonne de gauche)
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| Aie ! |
Ce lundi
matin,
Tom avait
écrasé
son réveil
qui avait
sonné plus tôt qu'il ne l'aurait
voulu
suite à
quoi,
Tom ne
s'était réveillé
que trois
jours plus tard
Son patron
lui avait dit
qu'il
aurait tout le temps
de dormir
quand il
serait
au chômage
et Tom avait rétorqué
que ce
n’était pas
de sa
faute
s'il n'y avait
pas
assez
d'heures dans une journée
le patron
en avait
convenu
et tous
les deux
étaient
repartis
se coucher
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| Lumière, s'il vous plaît ! |
Quand
j’ai envie,
besoin
de
ne plus penser
je
ramasse des cailloux
dans
mon jardin
et je
les classe
par
taille
Sinon, je regarde un match
à
la télé
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| Tu penses à quoi ? |
Je ne sais pas vous mais moi, j’ai
besoin de toujours penser à quelque chose.
Sinon, c’est quelque chose à laquelle je n’ai pas envie de penser qui risque de se rappeler à moi. |
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| La question que tout le monde se pose |
J’ai remarqué que les gens les plus laids sont ceux qui écrivent les poèmes les plus poignants et les plus profonds.
Tu t’en veux
d’avoir eu ces pensées-là,
noires et destructrices
un double cruel s’est glissé à l’intérieur
de toi
et sous ton crâne, a soufflé
ce rouge incandescent
à moins que ce ne fut, sous la peinture écaillée
le paraître et l’innocence,
enfin mis à jour
ton vrai visage
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| Par où est la sortie ? |
Extrait du recueil :
Exécutez les ordres !
dit le blanc d’œuf
et la coquille
s’ouvrit au Monde
libérant
un long poème
aux liserés rouge-orangé
tel un coucher de soleil
posé
sur la ligne d’horizon
au-dessus d’une ville détruite,
un soir d’été
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| La Vérité ! |
Texte extrait du recueil ci-dessous :
T’es qui, toi
tu gagnes combien ?
Tu payes combien
en pension alimentaire ?
Est-ce que
tu te laves après l’amour ?
et avant ?
La bagnole pourrie, garée devant le bar
avec les trois clébards qui gueulent
comme s’ils avaient rien
mangé
depuis une semaine, elle est
à toi ?
Il y a des dingues
dans ta famille ?
Jure-moi que tes chaussettes
ne sont pas trouées !
Je te préviens, maintenant qu’on se connaît bien
vu que tu me racontes ta vie
depuis dix minutes,
si je vais avec toi
et que tu as une maladie
dont tu ne m’as pas
parlé,
je t’arrache les grelots, c’est clair ?
Je les connais
par cœur, elle m’a dit
tous prêts à jurer sur la tête de leurs gosses
qu’ils n’ont pas voulu reconnaître
pour ne pas payer de pension à leur ex,
obligées de faire des ménages
et nettoyer des vieux pour survivre,
tous sont prêts à jurer qu’ils sont
les meilleurs coups de l’espèce humaine,
pleins aux as avec un yacht
dans la baie d’Halong
mais d’abord - et ils insistent sur ce point
il faut coucher pour voir
Gouttes de pluie
Elle allait à tous les enterrements
des gens dont elle n’avait jamais entendus
parler
pour s’habituer, disait-elle
se faire à la douleur, se durcir
de l’intérieur
façon
colle à papier
seuls les jours de pluie
faisaient exception
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| J'aurais voulu... |
Extrait du recueil
On est tous prisonnier, ici
prisonnier du corps, de la chair et du sang
de l’époque où l’on vit
et du temps, aussi restreint
que le nœud coulant d’un lacet
ou d’une corde de pendu
les gosses ne le savent pas encore
mais
quand ils réaliseront les contours
de leurs prisons, aucun mur mais de l’air
à perte de vue
du bleu azur et du soleil
ils deviendront
comme des fauves en cage
incontrôlables
Aucun endroit
où s’échapper
sinon, peut-être
dans un coin
de sa tête,
et encore
pas longtemps
Une bonne action, c’est une action où seul l'intérêt d'autrui entre en jeu - et pas le notre.
Voilà pourquoi elles sont si rares.
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| Quelque chose, quelque part |
QUELQUE CHOSE
Il y a quelque chose
qui n’a pas encore
été trouvé
est-ce juste
la hauteur du vide
qui nous sépare
ou
une porte
coulissante
sur le monde de l’esprit ?
Il y a quelque chose
qui n’aspire pas
à être connu exploré
quelque chose dont on s’éloigne chaque jour
un peu plus
comme un morceau de bois flottant
sous le soleil, pleine mer
qui monte et descend au gré des mouvements
de la houle
à la dérive,
il flotte
Quelque chose dont je me sentais
infiniment plus proche
quand j’étais gosse
avant que l’on m’instille
ces choses et ces façons
de voir et
penser
Quelque chose qui est
Une sorte
d’arrière-plan
neutre et bienveillant
mais qui me laissera mourir
sur cette Terre puisque telle est
ma destinée
Quelque chose qui n’est pas la vie
mais qui y est
reliée
par ceux
qui nous ont précédé
et par les animaux, les plantes
les fleurs et les champs de trèfle, les fourmis rouges
et les tricératops à cornes
quelque chose de baroque
vaguement incestueux
qui ne dit pas
son nom
Quelque chose dont j’ignore tout
sauf
qu’il y a
ce quelque chose
et que je ne peux me l’enlever
de la tête
sans envers ni endroit,
quelque chose