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vendredi 27 mai 2016

Pourquoi accepter la réalité ? Pour mieux la transformer

76

Homme au milieu de la réalité urbaine
La réalité ? Quelle réalité ?!


De la difficulté à prendre en compte la réalité


 Le problème, si tu cherches à esquiver ou ignorer la réalité, c’est qu’elle a vite fait de te rattraper. Et te faire payer tes velléités de déni.
 Au prix fort.

 Au final, la seule possibilité de changer les choses, c’est de commencer par accepter ce qui est.
 C’est la seule et unique voie.

 Nous sommes d'accord, ce n'est pas si simple.

A lire aussi


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samedi 14 mai 2016

Début de nouvelle « Par ta faute »

75

Début de nouvelle « Par ta faute »





Le texte qui suit est une ébauche

 Des débuts de nouvelles comme celui-là, j’en ai quantité dans mes tiroirs. Même si je suis dorénavant plus orienté « roman », la nouvelle reste une forme d’expression que j’affectionne.
 De même que les pions – les pièces les plus faibles de l’échiquier – sont l’âme du jeu d’échecs (citation de Philidor, réputé comme le plus fort joueur du XVIIIème siècle), je suis convaincu que les nouvelles sont l’âme de la Littérature.

« Par ta faute »

(Titre provisoire)

 Tu as trop bu, trop fumé.
 Si les flics t’arrêtent, tu es mort.
 Mais tu conduis quand même. De toute façon, il n’y a personne sur cette départementale. Juste des arbres qui bordent la route de cette nuit sans lune. Une nuit noire, presque menaçante. C’est toujours dans ces moments-là, quand tu es défoncé que tes souvenirs remontent à la surface. Des souvenirs pas complètement refoulés, non.
 Et douloureux.
 L’autre en train de brutaliser ta mère dans l’exiguïté de la cuisine. L’autre, ton beau-père. Un enfoiré, une ordure. Pire que ça. Un mec toxique. Pour ta mère. Et pour toi. Parce que tu étais là, toi aussi. Dans cette cuisine de HLM. Haut comme trois pommes mais tu étais là – quantité négligeable pour l’autre. Tu avais voulu défendre celle qui t’avait donné la vie ; d’une seule main, l’autre t’avait envoyé valser contre le mur, sans même te regarder. Et il avait continué à tabasser ta mère. A coups de poing, coups de pieds.
 Des cris, des pleurs. Des larmes.
 Du sang.
 Le poids de la culpabilité, jamais tu n’as pu te l’enlever de la tête. Il aurait fallu que tu puisses empêcher ça. D’accord, tu n’avais que sept ans. Mais ce n’est pas une excuse, tu aurais dû pouvoir empêcher ça !
 Tu continues à accélérer, tu roules maintenant pied au plancher. Comme si la vitesse pouvait faire fuir les souvenirs, la chienlit, les traits de l’autre et de son masque de haine – le visage de ta mère, tuméfié. Tu chiales, toi aussi. Tu en as tellement marre de te trimballer ces souvenirs de merde, tellement marre de cette vie à la con.
 Et peut-être et surtout, tellement marre de toi.
 D’être toi.
 D’un coup, le virage. Et une voiture en face. Tes pneus hurlent à la mort, coup de volant de l’autre pour ne pas t’emplafonner, tu rétablis en ligne droite alors que lui se crashe dans le dixième de seconde – bruit de l’impact, mat, terrible dans ton rétro rouge jaune sur fond noir, tu ne t’arrêtes pas.
 Tu continues.
 Vite, il faudrait te garer sur le bas-côté, aller voir s’il y a des blessés – des morts, peut-être ?!
 Mais tu continues.
 Tu continues parce que c’est trop compliqué et que tu ne maîtrises plus rien ; parce que tu as trop bu, trop fumé ; parce que peut-être, demain matin tu réaliseras que tout ça n’est qu’un cauchemar et que tu te réveilleras dans ton lit d’enfant, tu auras cinq ou six ans et ta mère viendra te réveiller avec son grand sourire de jeune fille seule qui y croit encore, malgré tout. A la vie, au soleil. A l’amour.
 L’avenir.
 Tu continues parce que maintenant c’est trop tard, d’autres voitures viennent en sens inverse et même si tu faisais marche arrière, il y aurait délit de fuite.
 De toute façon.
 Tu dessaoules, c’est brutal.
 Peut-être que le type en face n’a rien eu, peut-être que c’est juste de la tôle froissé !
 Peut-être que tu vas échapper à ces emmerdes-là.

 Mais pas sûr.

Autres "débuts de nouvelles" sur ce blog :


https://leblogderics.blogspot.fr/2016/05/debut-de-nouvelle-marie-helene-ne.html

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Bonne lecture !

mercredi 11 mai 2016

Début de nouvelle « Il faudrait faire quelque chose »

73

Début de nouvelle « Il faudrait faire quelque chose »


Le texte qui suit est une ébauche
 Des débuts de nouvelles comme celui-là, j’en ai quantité dans mes tiroirs. Même si je suis dorénavant plus orienté « roman », la nouvelle reste une forme d’expression que j’affectionne.
 De même que les pions – les pièces les plus faibles de l’échiquier – sont l’âme du jeu d’échecs (citation de Philidor, réputé comme le plus fort joueur du XVIIIème siècle), je suis convaincu que les nouvelles sont l’âme de la Littérature.

« Il faudrait faire quelque chose »

(Titre provisoire)

 Le grand truc de Kinski, c’est de faire pleurer les stagiaires.
 S’il faut lui reconnaître une qualité - ou plutôt un savoir-faire - c’est bien celui-là : Kinski a l’art et la manière de mettre les gens en confiance. Il sait mieux que personne accueillir ces jeunes filles fraîchement sorties de l’école.
 A leur arrivée, il leur offre un café, leur propose une cigarette sur le balcon de la cafétéria. Il prend le temps de les écouter, les interroge sur leurs études, leurs projets. Il la joue souriant et décontracté en leur expliquant le travail qu’elles auront à faire.
 Kinski en impose avec son statut de chef de service et il le sait. Son mètre quatre-vingt-dix, ses costumes impeccablement taillés et ses tempes argentées lui confèrent un physique à la hauteur de son poids dans l’entreprise. Evidemment, ça marche à tous les coups.
 Au bout d’une semaine, elles ne jurent plus que par lui.
 Kinski a le génie du pervers manipulateur. Une fois sa proie sous l’emprise de son charme, il change radicalement d’attitude. D’un coup, du jour au lendemain. Et sans raison apparente.
 Alors il devient odieux, les accable de reproches jusqu’à les insulter. Elles finissent toutes par sortir de son bureau le visage défait, en larmes, avec de grosses traces noires sous les yeux à cause du maquillage qui a coulé.
 Ensuite, au mieux elles achèvent leur stage à la photocopieuse, assignées à dupliquer, agrafer et préparer le café, au pire elles disparaissent sans laisser de traces, incapables d’affronter les foudres de Kinski.
 Tout le monde est unanime sur ce point : Kinski est un pervers, une ordure.
 Mais attention.
 C’est aussi un chef.
 Un chef qui mange en tête-à-tête avec le Grand Patron – et qu’il est seul à tutoyer.
 Pour cette raison, personne n’ose lever le petit doigt contre lui.
 Et les stagiaires continuent de défiler. Et Kinski continue à faire couler leur maquillage.
Il faudrait quand même faire quelque chose, non ?

 Mais quoi ?

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mardi 10 mai 2016

Début de nouvelle « Ne t’inquiète pas, je suis là ! »


Le texte qui suit est une ébauche


 Des débuts de nouvelles comme celui-là, j’en ai quantité dans mes tiroirs. Même si je suis dorénavant plus orienté « roman », la nouvelle reste une forme d’expression que j’affectionne.
 De même que les pions – les pièces les plus faibles de l’échiquier – sont l’âme du jeu d’échecs (c’est une citation de Philidor, réputé comme le plus fort joueur du XVIIIème siècle), je suis convaincu que les nouvelles sont l’âme de la Littérature.

« Ne t’inquiète pas, je suis là »

(Titre provisoire)

 La télévision ne marchait plus. Et ça ne venait pas du poste.
 Les chaines avaient simplement cessé d’émettre.
 Eliane s’obstinait pourtant à zapper, d’un écran noir à un autre écran noir.
- Arrête ! ordonna Pierre sans chercher à contenir son agacement. Tu vois bien que ça ne sert à rien !
 Mais elle était comme ça, Eliane. D’un côté, il y avait les choses qu’elle pouvait accepter – que Pierre rentrât un soir en lui annonçant avoir un ulcère à l’estomac ou que la radio lui apprenne la mort d’une cinquantaine de boat-people, noyées à quelques kilomètres des côtes.
 Et de l’autre, ce qui lui apparaissait inacceptable. Autrement dit tout le reste et principalement ce qui était susceptible d’affecter sa petite personne.
 Que la télévision n’émette plus la moindre image, son esprit refusait. Ça ne rentrait pas dans l’Ordre des Choses. Son Ordre des Choses à elle.
 Écroulé dans son fauteuil, Pierre épongea son front moite de sueur. Il était pourtant plus de minuit mais l’après-midi avait été si brûlante qu’elle poissait encore l’obscurité d’une touffeur suffocante.
- Mais enfin, qu’est-ce qui se passe ? se plaignit Eliane d’une voix traversée par l’inquiétude.
 Pierre jugea inutile de répondre. La situation était on ne peut plus claire, les rebelles avaient pris d’assaut le palais présidentiel et le gouvernement était tombé. Les dernières nouvelles faisaient état de combats sanglants, le pays tout entier sombrait dans le chaos. L’endroit allait très vite devenir irrespirable pour les plus fortunés comme pour les étrangers.
 Et Pierre appartenait à ces deux catégories.
 Sa chemise marbrée de sueur lui collait au corps comme une seconde peau. Faute de mieux, il avala une nouvelle gorgée de bourbon. L’alcool tiède lui arracha une grimace.
 Le problème dans ces pays en voie de développement, c’est qu’on pouvait certes amasser rapidement une petite fortune - mais en risquant de tout perdre en l’espace de quelques heures. Dans ce contexte, boire n’était sans doute pas la meilleure chose à faire – Pierre en avait parfaitement conscience. Mais il arrive qu’un homme ait ponctuellement besoin d’aide. Et que la seule qui se présente revête la forme d’une bouteille de mauvais bourbon.
 Eliane s’assit en face de lui, la mine boudeuse.
- Tu crois que ça va revenir ?
- De quoi tu parles ?
- La télé.
- La télé… mais on s’en fout de la télé ! Tu ne comprends pas ce qui se passe ?!
 Un court instant, Eliane – Eliane qui faisait tourner la tête des hommes, Eliane si sûre d’elle, pleine de l’arrogance de sa beauté – un court instant, Eliane ressemblât à une petite chose fragile et perdue.
 Pierre hésita entre la prendre dans ses bras ou la gifler. Il ne fit ni l’un ni l’autre.
- Ne t’inquiète pas, je suis là ! murmura-t-il pour l’apaiser.
 Les yeux dans le vide, Eliane ne répondit pas. Elle s’alluma une cigarette, recracha bruyamment la fumée. Pierre s’apprêtait à boire une gorgée de bourbon quand il suspendit le goulot à quelques centimètres de ses lèvres.
- Qu’est-ce que tu as ? s’inquiéta Eliane.
 Par delà la porte-fenêtre, il avait cru voir un mouvement d’ombres là-bas, au fond du parc.
 En lui-même, une pensée se forgea instantanément : « Non, pas déjà ! »
- Pierre, qu’est-ce qu’il y a ? Réponds !
 Par delà la porte-fenêtre, il avait cru voir un mouvement d’ombres et l’éclair furtif de quelque chose de brillant.
 La lame d’une machette au clair de lune.


Je n’ai pas encore décidé de la suite.

Qu’en pensez-vous ?

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lundi 9 mai 2016

Début de nouvelle "Marie-Hélène ne trouve pas de place où se garer"

71

Début de nouvelle "Marie-Hélène ne trouve pas de place où se garer"


Le texte qui suit est une ébauche


 Des débuts de nouvelles comme celui-là, j’en ai quantité dans mes tiroirs. Même si je suis dorénavant plus orienté « roman », la nouvelle reste une forme d’expression que j’affectionne.
 De même que les pions – les pièces les plus faibles de l’échiquier – sont l’âme du jeu d’échecs (c’est une citation de Philidor, réputé comme le plus fort joueur du XVIIIème siècle), je suis convaincu que les nouvelles sont l’âme de la Littérature.

Marie-Hélène ne trouve pas de place où se garer(titre provisoire)


 La nuit est tombée et il pleut à verse. Sur la petite place, la boulangerie reste la seule vitrine encore allumée. Sans doute plus pour très longtemps, il est presque dix-neuf heures trente. Et aucun endroit où se garer. Après avoir fait trois fois le tour au volant de sa Clio, Marie-Hélène hésite. Laisser le moteur tourner en double-file, le temps d’acheter son pain ?
 Oui mais Mathieu ?
 Sur le siège arrière, son fils de deux ans et demi, dort à poings fermés.
 « Oh et puis j’en ai pour trente secondes ! » se dit la jeune femme.
 Marie-Hélène tire le frein à main et sort de sa voiture en courant sous la pluie.
 A l’intérieur de la boutique flotte encore une agréable odeur de pain chaud.
- Bonsoir. Deux baguettes, s’il vous plait.
 Faire vite ! Ce n’est pas dans ses habitudes de laisser Mathieu seul dans la voiture. Qui plus est, elle a des invités ce soir. Les Marchand, un couple d’amis récents, doivent passer vers vingt heures. Elle ne sait pas encore s’ils ne resteront que pour l’apéritif mais elle est au moins sûre d’une chose : Cédric – son compagnon – arrivera au dernier moment et sans rien avoir prévu. Comme toujours, il dira avoir été débordé de boulot – zéro culpabilité ! C’est encore sur elle que va reposer la soirée. Alors qu’elle aussi a sa journée de boulot dans les pattes !
- Deux euros dix.
 Marie-Hélène fouille frénétiquement son porte-monnaie, ne trouve pas l’appoint ; elle s’énerve, finit par sortir un billet.
- Ne vous inquiétez pas, il n’y a pas le feu ! s’amuse la vendeuse, une grosse dame entre deux âges au sourire bienveillant.
 Marie-Hélène se mord les lèvres, essaie de se détendre.
- Ce n’est pas ça, j’ai laissé mon fils dans ma voiture… et je suis en double-file !
 Il lui semble percevoir un regard désapprobateur.
- Votre monnaie…
- Merci, au revoir !
 A nouveau la pluie et l’obscurité. Marie-Hélène baisse la tête sous les rafales de vent mais tout à coup, stupeur. L’impensable, l’inimaginable.
 A l’endroit où elle a laissé sa voiture, la chaussée est déserte.
 La Clio a disparu.
 Marie-Hélène tourne et retourne sur elle-même, scrute en vain les coins et recoins de la petite place où les voitures passent au ralenti, en quête d’un endroit où sa garer ; la pluie redouble et quelque chose de venimeux, d’effroyable monte en elle, lui broie la poitrine :
- MATHIEU !
 Elle n’a pu s’empêcher d’hurler. Son garçon, son petit garçon – il faut appeler Cédric ! Non, la police mais son portable est resté lui aussi dans la voiture, affolement. Marie-Hélène court sans savoir où aller sous la pluie battante, complètement paniquée.



Je n’ai pas encore décidé de la suite.

Qu’en pensez-vous ?

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vendredi 6 mai 2016

Devenir écrivain pour vivre libre

70

Écrire pour vivre libre

Une vie d'artiste, est-ce une vie de liberté ?


 C’est le rêve de beaucoup d’entre nous. Mais ce qu’ignorent les néophytes, c’est que le métier d’écrivain comporte aussi sa part de contraintes.

 En témoigne cette courte séquence entre Etienne, un ami écrivain et son éditeur (que je nommerai X), lors d’un coup de fil du second au premier :
- Super, le début de ton manuscrit ! Par contre, il y a une chose qui me chagrine…
- Ah oui, laquelle ?
- Le personnage que tu appelles Mustapha. Il faudrait changer son nom.
- Et pourquoi ça ?
- A un moment, tu le décris en train de piquer une cigarette dans le paquet d’un de ses collègues. Tu sais, les gens ont tôt fait de faire des raccourcis : Mustapha égal voleur égal écrivain et éditeur racistes !
- Attends c’est juste une cigarette, je ne crois pas que…
- Il faut vraiment que tu changes ce prénom. Tu comprends, tu es encore un jeune auteur. Certes, le comité a validé le fait de te publier mais tu dois être attentif à nos préconisations.
- Ça va, j’ai compris (soupir)… je vais réfléchir à un autre prénom.
- Pas la peine, j’en ai déjà un. Ce sera Jean-Claude.
- Jean-Claude - mais c’est une blague !? C’est un prénom des années soixante alors que le roman est contemporain. Je te rappelle que le personnage de Mustapha a tout juste vingt ans !
- Désolé mais ce n’est pas négociable. Ce sera Jean-Claude. Bon, il faut que je te laisse : je n’en suis qu’à la page 18. Il faut que j’avance si l’on veut rester dans les temps au niveau de la date de sortie.

mardi 3 mai 2016

Du manque de temps pour écrire

69
 Quand je songe à tous les projets que j’ai en cours – romans, nouvelles, essais et nombre textes « inclassables », j’ai l’impression que vider l’Océan Atlantique à la cuillère à café me prendrait moins de temps que finaliser mes idées et autres ébauches.
 Quelle conclusion tirer de cet état de fait ?

 Autant m’y mettre tout de suite.


Pieter-Symonsz Potter
Du manque de temps pour écrire


lundi 2 mai 2016

Comment sera vécue la pauvreté dans le futur ?

68
 Monsieur,
 Vos revenus ne permettant pas le prélèvement de l’impôt sur votre empreinte écologique, nous sommes au regret de vous informer de votre prochaine cryogénisation.
 Votre résurrection interviendra dans un délai de trois ans, sitôt votre dette acquittée par vos descendants*.


* en cas d’absence, la cryogénisation sera définitive

dimanche 24 avril 2016

Présage sur fond de XXIème siècle

67

 Le XXIème siècle s’annonce noir et mélancolique. Avec comme un arrière-goût de regret, celui de ces paradis perdus qui n’ont jamais existé ailleurs que dans notre imagination.

mercredi 13 avril 2016

Des règles que l'on se fixe

66

 Dans le chaos ambiant et le fouillis de nos émotions, chacun s’aperçoit qu’il est vital de se fixer des règles.
 Des règles comme de minuscules points lumineux sur fond de nuit noire lors d’un atterrissage forcé.

 La première d’entre toutes :

 Ne jamais se décevoir.

dimanche 3 avril 2016

De l’intérêt de donner la parole aux écrivains

64
 Pour l'aider dans ses prises de décisions, le Président de la République est assisté par toute une batterie de conseillers, tous issus de grandes écoles. Le résultat n’est pas toujours à la hauteur de nos espérances, chacun en conviendra. Aussi est-il permis à chaque citoyen de proposer des pistes d’amélioration. En voici une : que les politiques « aux responsabilités » sollicitent des écrivains reconnus pour leur humanisme et leur aptitude à penser en visionnaire pour les aider à imaginer et concevoir la société de demain.

samedi 2 avril 2016

Comment peut-on encore se regarder dans la glace ?

 63
 Quand à la tête d’une grande entreprise, on s’accorde une augmentation de revenus équivalente à un doublement de sa rémunération sur une année – le tout se chiffrant en millions d’euros - alors que dans le même temps, les salariés ont bénéficié d’une augmentation « royale » de 8 euros nets par mois ?!
Vous l’aurez compris, je parle du patron de PSA Peugeot Citroën.
 Se regarder dans la glace, je ne doute pas un instant que ce monsieur y parvienne sans difficulté car ainsi est fait l’être humain : il adapte son sens des réalités à ce qui va dans son sens (me vient ici une pensée de notre ami Nietzsche : « Connaître, c’est comprendre toute chose au mieux de nos intérêts »).
 Mais tout cela n’est pas nouveau et le vrai débat est ailleurs : quand aurons-nous des politiques capables de légiférer – autrement dit de rendre légalement impossible la possibilité de siphonner des montants aussi colossaux au profit d’un ou d’une poignée d’individus ?
 Aujourd’hui, notre ministre de l’économie se contente d’affirmer : « La responsabilité et l’éthique ne se règlent pas par la loi. »
 Bien sûr que si !
 Les lois fixent des règles de « vivre ensemble ». Elles font office de garde-fous. Sans elles, nous le savons tous : adieu la civilisation. Ce serait la barbarie.
 Que des collectifs citoyens se constituent et exigent, pour les grands patrons, des plafonnements de rémunération me semble être la première pierre d’un édifice qui reste à construire.
 Celui d’un Monde meilleur.

vendredi 1 avril 2016

Être adulte

61
 Avec le temps, vous avez gagné en maturité. Il est fini, le temps où vous faisiez n’importe quoi sur un coup de tête. Dorénavant, vous avez le sens des responsabilités.
 Vous êtes devenu adulte.

 En clair, quelqu’un de mortellement ennuyeux.

mardi 29 mars 2016

Tu verras (à toi qui viens juste d'avoir 20 ans)

60

TU VERRAS


 Mon gars, félicitations ! Tu as vingt ans aujourd’hui.
 Tu vas voir et pour utiliser une de tes expressions, la vie c’est cool !
 C’est juste qu’il y a deux ou trois choses à savoir, deux ou trois caps un peu difficiles à franchir mais dès lors que tu es prévenu, tu sais à quoi t’attendre et tu verras, ça passera.
 Vingt ans, c’est l’âge où tu commences à prendre conscience d’une certaine réalité, des vraies choses de la vie. Tu vas vite t’apercevoir que l’existence ne se résume pas à convaincre ta copine que faire l’amour sans préservatif, c’est mieux – parce que tu es sûr de pouvoir te retirer avant ; et que ce n’est pas non plus te lever à midi et prendre ton petit déjeuner au lit en renversant du café noir sur les draps propres que ta mère vient de laver, tout ça en fumant ta clope sans savoir où tu vas mettre la cendre.
 Non, c’est pas seulement ça, tu vois. C’est aussi chercher du boulot et ne pas en trouver et te prendre la tête avec toutes les démarches que tu étais déjà censé avoir faites et que tu feras, c’est sûr mais pas forcément aujourd’hui ni demain. Quand tu auras le temps.
 C’est ça qu’ils ne comprennent pas, tes vieux ; à vingt ans, on n’a pas le temps de se pourrir avec des trucs administratifs, des lettres de démotivation ou d’autres bouffonneries du même genre ; non, à vingt ans on a trop la pêche, il faut que ça bouge avec la musique à fond, des meufs et les potes et tout ; il y a urgence - pas de temps à perdre avec la retraite ou la sécurité sociale.
 Evidemment, à vingt ans la vieillesse, la maladie et la mort n’ont aucun sens pour toi. Impossible de réaliser que les vieux aux gros bides et les mémés fripées ont eux aussi, il y a bien longtemps, été des jeunes gens beaux et fringants qui riaient et faisaient l’amour.
 Impossible de réaliser qu’un jour, ça t’arrivera à toi aussi.
 D’être vieux, fripé avec un gros bide.
 Parce que tu es invincible. Rien ne peut t’arriver. Ou alors rien que des belles choses – une star de cinéma qui tombe amoureuse de toi, malgré ton acné et les douze euros cinquante que tu as en poche pour lui offrir un verre et l’inviter au resto.
 Les coups durs, ça ne te concerne pas vraiment. Bien sûr, tu peux toujours t’enrhumer ou, sur un coup de pas de bol, crever un pneu de la voiture que tes parents t’ont acheté mais les vrais coups durs, ça ne te concerne pas. Parce que tu refuses, tout simplement. Et ce que tu as décidé, Dieu – ou qui que ce soit qui crèche là-haut, peu importe – Dieu doit en prendre acte. Point barre. C’est comme ça, c’est toi qui décides.
 Tu ne le sais pas encore mais tout ne va pas se passer exactement comme tu pensais que ça se passerait. Mais ça ne fait rien, tu vas t’accrocher à tes rêves de gosse et tu te persuaderas que pour toi, ce sera différent. Et tu auras beau te prendre le mur de la réalité en pleine gueule, tu continueras à creuser le sillon de mondes imaginaires où tu resteras le plus beau et le plus fort et tu feras le kakou au bout de la nuit et tu boiras des alcools forts jusqu’à rouler sous la table, tu te prendras des cuites monumentales qui te laisseront exsangue, allongé sur le carreau les bras en croix après avoir rendu tripes et boyaux. Ce sera là un des passages un peu difficiles dont je voulais te parler.
 Mais tu verras, je te l’ai dit. Ça passera.
 A vingt ans, on est toujours un peu arrogant, pas vrai ? Un peu ou beaucoup. La sève de la jeunesse ouvre un appétit gigantesque, l’envie féroce de croquer dans la pomme du monde pour n’en faire qu’une seule et monstrueuse bouchée. Et à vingt ans, je m’en souviens, on n’a pas de temps à perdre à écouter les fadaises de ceux qui sont passés avant. Les vieux, tu les zapperas ouvertement parce que du haut de tes vingt ans, tu te sentiras supérieur à eux comme au Monde entier. C’est l’arrogance de la jeunesse. Alors profites-en. A fond, à mille pour cent !

 Parce que tu verras. Ça aussi, ça passera.

lundi 28 mars 2016

Du droit au découragement

58
Chacun a droit au découragement.
Mais jamais plus de dix minutes d’affilée.

mardi 22 mars 2016

Comment accepter de n’être qu’un anonyme dans la foule ?

57
 Car c’est un fait, vous êtes un parmi six milliards d’êtres humains.
 Et bientôt sept.
 Milliards.
 L’immense majorité des gens ignorent tout de vous.
 Ne savent même pas que vous existez.
 Vous pourriez disparaître du jour au lendemain sans que votre décès ne provoque davantage de remous qu’une simple ride à la surface d’un lac.
 Il arrive que cette pensée vous soit pénible – voire insupportable. Car enfin, vous éprouvez des émotions, vous existez ! Vous êtes quelqu’un ! Et chevillé au corps, vous avez le sentiment, la certitude que la Terre ne pourrait pas tourner ni le Monde exister sans vous !
 D’ailleurs pourquoi ne seriez-vous pas une célébrité, vous aussi ? Pourquoi n’auriez-vous pas droit à des articles de presse ou des couvertures de magazines ? Pourquoi ne vous entend-t-on jamais à la radio (sans parler de la télévision) vous exprimer sur le réchauffement climatique, la question de la gratuité sur Internet ou les anxiogènes variations de prix du baril de pétrole ?
 Evidemment, vous n’y connaissez rien mais la plupart de ceux à qui l’on pose ces questions (appelés experts) se trompent une fois sur deux : vous gardez toutes vos chances !
 Face à cette situation, ne vous laissez pas gagner par le sentiment de vide qui vous menace.
 Réagissez !
 Pour ce faire, il existe une solution :
 Faites la liste des avantages à ne pas être connu.
 Mais attention ! Une liste objective. Sans se la jouer ni en rajouter. Car oui, il y a bien des avantages à ne pas être connu et en voici quelques-uns :
- en tant qu’anonyme, vous ne risquez pas d’être aimé pour votre image et non pour vous-mêmes puisque médiatiquement, vous n’êtes personne ;
- dans la rue, vous pouvez vous promener tranquillement, personne ne viendra vous importuner pour vous demander un autographe ;
- de même, vous pouvez vous mettre le doigt dans le nez jusqu’au trognon ou faire bronzer votre gros bide sur la plage sans risquer d’être ébloui par le flash d’un paparazzi.
 Alors, vous voyez bien !
 Attention cependant. N’essayez surtout pas, à titre comparatif, de faire la liste des avantages à être connu. D’une part, ce serait parfaitement inutile.

 Et de l’autre, vous ruineriez tous les efforts déployés précédemment.

Seul au milieu des autres
Comment accepter de n'être qu'un anonyme dans la foule ?