C'est en regardant les informations au journal de vingt heures que, d'un coup, Tom éprouva une véritable prise de conscience : la vacuité de son existence.
Partout dans le monde, des gens luttaient. Ils faisaient face aux vents contraires, non seulement pour rester en vie, mais aussi pour tenter de sauvegarder leur dignité et un fil d'espoir pour l’avenir, aussi ténu soit-il.
Guerre, famine, meurtres et catastrophes climatiques – sur l’écran, les images s'enchaînaient, toutes plus accablantes.
Et lui, que faisait-il, pendant que les autres souffraient ?
Quelles étaient ses préoccupations, sinon manger, boire (dans de bons restaurants, autant que possible) et faire l'amour ?
Tom s’apercevait ne vivre que pour lui, en quête permanente de bien-être et de confort. Oui, il était exclusivement tourné vers son nombril.
Et la satisfaction de ses propres désirs.
Une existence vide de sens, où narcissisme et égocentrisme s'agençaient en une seule et unique boussole, voilà quelle était sa réalité.
Quelque chose ne devait-il pas changer ?
Tom prit la seule décision qui s'imposait : plus jamais il ne regarderait le journal télévisé de vingt heures - bien trop déprimant à ses yeux.
Il éteignit le poste et consulta sa montre. Il était l'heure de l'apéritif. Ce soir, il allait s'offrir un cocktail dans son bar préféré.
Un peu d'exotisme, c'est toujours bon à prendre en période de crise.
#Prise de conscience

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