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| Roman autopublié - 78 pages 5€25 Amazon.fr - LE PLUS BEAU ROMAN JAMAIS ÉCRIT: Le Rêve Ultime de Tout Écrivain – Utopie, rêve ou objectif, le Graal de tout écrivain ambitieux. - SCILIEN, Eric - Livres Et voilà comment ça démarre : |
Novembre 2019
Au salon du livre de M. Sitôt entré à l’intérieur du chapiteau, Pierre se vit accueilli par une dame entre deux âges à la coiffure choucroute, son badge « Organisateur » en évidence, épinglé sur son vêtement. - Bonjour Monsieur. Et bienvenue ! Vous êtes auteur ? lui demanda-t-elle aussitôt en penchant la tête sur le côté. Elle affichait un sourire on ne peut plus engageant. Le genre de sourire susceptible de vous faire croire, ne serait-ce que quelques instants, que vous êtes une personne véritablement importante – et qui mérite d’être traitée comme telle. - Oui, j’ai cette chance ! répondit Pierre, aussi réjoui que faussement modeste. - Votre nom, s’il vous plaît ? - Fabre. Pierre Fabre. Pierre venait de publier son premier roman. Et sa participation à ce salon constituait une première ; aussi eut-il du mal à retenir son enthousiasme. - C’est superbe, ici ! L’endroit semblait idéal, spacieux. Manifestement, chaque écrivain disposait de son propre stand – et de la possibilité de placarder à la verticale une ou plusieurs affiches pour le mettre en valeur. La dame entre deux âges à la coiffure choucroute feuilletait le listing des participants en tous sens, s’agaçait. - Rien à faire, je ne vous trouve pas ! Elle se fit soudain suspicieuse : - Pouvez-vous me préciser le nom de votre éditeur ? - C’est-à-dire… je suis auteur indépendant. - Vous voulez dire que vous n’avez pas de contrat avec un éditeur ? Vous êtes autoédité ? Toute trace de sourire avait déserté son visage. Pierre eut la désagréable impression d’être réduit au rôle du livreur que l’on avait – bien à tort – pris pour un client fortuné. - Bien… oui. - Dans ce cas, vous n’êtes pas sous ce chapiteau. - Alors où suis-je ?! murmura Pierre, décontenancé. - Nous vous avons placé dans l’annexe, avec les autres auteurs autoédités. Suivez-moi ! ordonna-t-elle d’une voix sèche. Cet échange un peu brusque ne manqua pas d’appuyer là où cela faisait (déjà) mal, toutes les recherches de Pierre pour trouver un éditeur ayant échouées. Ce n’était pourtant pas faute d’avoir essayé, ni de s’être donné du mal. Pierre avait dupliqué son manuscrit en dix puis vingt et enfin trente exemplaires. Tous avaient été adressés (avec une lettre d’accompagnement manuscrite et personnalisée) sous pli « urgent » à des éditeurs qu’il avait lui-même sélectionnés, triés sur le volet. Une opération qui lui avait pris beaucoup de temps – et coûté une petite fortune. Le résultat avait été on ne peut plus décevant, partagé équitablement entre silence abyssal et lettres de refus stéréotypées. De guerre lasse, il lui avait fallu se résoudre à autopublier son roman. Deux mètres devant lui, la dame entre deux âges à la chevelure choucroute avait beau être courte sur pattes, elle marchait vite ! Elle aurait été pressée de se débarrasser d’une tâche dont elle s’acquittait à contre-cœur qu’elle n’aurait pas agi différemment. - Vous arrivez quand même à en vendre, de vos livres autoédités ? lui demanda-t-elle sans même prendre la peine de se retourner. - Heu… oui. Quelques-uns. - Combien ? Cent ? Deux cent ? - Non, pas autant. Mais je commence tout juste sa promotion… - Comment s’appelle votre roman ? - « L’envolée ». - Ah ! Alors il n’a pas encore décollé, si je comprends bien ? Elle s’était retournée pour le coup, le visage fendu d’un sourire ambigu. C’était probablement censé être drôle – mais pour Pierre, ça ne l’était pas. Pour l’heure, il n’avait encore vendu que deux exemplaires de son livre. À l’un des angles du chapiteau se trouvait en enfilade un couloir étroit qui, lui-même, débouchait sur un espace restreint, bien plus modeste que le chapiteau principal. - Voilà l’espace des auto-édités ! dit la dame à la chevelure choucroute. Là, de minuscules tables serrées les unes contre les autres formaient un U approximatif. L’ensemble respirait l’aménagement sommaire, tout de bric et de broc. À première vue, il ne semblait d’ailleurs pas y avoir de chaises pour tout le monde. La dame à la chevelure choucroute avait laissé son sourire quelque part à l’entrée. Pierre ne trouva rien à redire. Mais il était horriblement déçu. Déjà, quelques auteurs – probablement d’autres auto-édités, comme lui – s’installaient et déballaient leurs affaires. En s’appliquant à choisir les tables les moins branlantes et les plus larges. - Heu… y a-t-il un plan ? Ou chacun se met-il où il veut ? - À vous de vous débrouiller avec vos collègues ! Déjà, elle s’en retournait, pressée de retourner à son poste. Pierre entreprit de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Il s’installa au hasard, entre un barbu ventripotent et une jeune femme en pull mauve et grosses lunettes de myope. - Salut ! lança-t-il à l’adresse de la jeune femme. Elle ne lui répondit pas, sans doute trop occupée par l’aménagement de son espace. Le barbu semblait plus amène. Mais, alors que chaque table était censée accueillir deux écrivains, il s’était d’autorité attribué les deux tiers de la table. À presque dix-sept heures, Pierre n’avait toujours pas vendu un livre.Ajout du 11 juin : Une nouvelle couverture ! |


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