![]() |
| Je le savais... |
Tu
m’as dit, je savais que ce n’était pas une femme
pour moi
et qu’elle ne m’aimait pas
ou juste comme ça,
en passant
vaguement
et de loin, le plus
souvent
mais tu en avais tellement assez
de toute cette normalité
la pelouse bien tondue, à ras
les cadeaux et les jouets
pour Noël,
les guirlandes et les illuminations
les tombes nettoyées
et tout ce luxe,
ce fric
en vitrine
tellement assez de ces jours qui
s’enfilent
les uns derrière les autres, comme des
perles
sur les rails d’une locomotive
lancée pleine vitesse
de jour
comme de nuit et les lumières au loin,
l’étendue de ces vies croisées,
enchevêtrées,
ce tout
mélangé,
aucune prise, rien que
du lisse, de fond en comble
Tu m’as dit, je savais que j’allais
dans le trou
celui de la fosse commune
des espoirs déçus
sabrés à coups de hache, la tête
posée sur le billot – rideau noir
en flaque de sang
Tu m’as dit, je savais
avant même que ça commence
mais je ne pouvais pas
Tu m’as dit je ne pouvais pas
faire autrement
Tu m’as demandé si je savais pourquoi et
je t’ai répondu
non
Tu m’as dit
Parce que je n’avais jamais rien vu d’aussi
beau que ce visage de femme
qui me souriait
et là, pour la première fois
je t’ai compris

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire