Poème extrait de mon recueil "AU BORD DU VIDE ET LE SOLEIL DANS LES YEUX, J'AI ACCÉLÉRÉ"
Au bord du vide et le soleil dans les yeux, j'ai accéléré eBook: Scilien, Eric: Amazon.fr
Un soir, il y a longtemps
quelqu’un a frappé
à ma porte
J’habitais un studio dans un immeuble
de sept étages qui donnait
sur le boulevard et il était
presque minuit
?
je me suis demandé
qui frappait
ça ne pouvait pas
être un voisin qui serait
venu quémander un carton
de lait pour ses chiards
ou un morceau de pain
ou je ne sais quoi
d’autre
avec les voisins
on se connaissait
à peine, on se disait tout juste
bonjour
en se regardant à distance avec des yeux
de merlan frit
Ça a frappé, une seconde fois
- et plus fort
comme si
l’être ou l’entité ou quoi que ce fut
derrière la porte,
commençait à s’impatienter
et je ne sais pourquoi mais
je n’ai pas ouvert
je suis resté immobile dans mon studio,
perché au septième et dernier
étage de cet immeuble qui donnait
sur le boulevard, immobile et sans bouger
en attendant que l’individu
ou la créature derrière la porte
finisse
par s’en aller
et je n’ai jamais su
qui avait frappé à ma
porte
C’était au siècle dernier, quelque part
dans les années quatre-vingt-dix
et j’y songe encore aujourd’hui,
presque chaque jour
N’avais-je pas commis
une erreur ? De celles après lesquelles
on court toute son existence,
sans jamais réussir
à la rattraper ?
Et si le Grand Créateur lui-même s’était déplacé
en personne pour m’expliquer
enfin
les raisons de ma présence en ce Monde
et le comment et le pourquoi
de ce gigantesque
capharnaüm ?
Peut-être avais-je raté une occasion
unique, la chance de ma vie
je ne le saurai jamais
et c’est ça qui me rend fou

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