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Minuit une |
Fictions à lire en ligne, contes noirs et création d'images ; présentation de mes livres et questions futiles et existentielles (tous les articles sont classés dans la colonne de gauche) MON AGENDA : Retrouvez-moi DIMANCHE 6 avril 2025, au Château des Rohan à Sainte-Maure-de-Touraine (10H à 18H)
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Monstrueux tas d'immondices |
Que feriez-vous ? Plongeriez-vous sans vous poser de question au milieu de l’abomination ? Ou renonceriez-vous à votre bien le plus précieux en arguant que « Rien n’est irremplaçable » ? Réfléchissez bien. Si vous êtes de ceux qui plongent sans se poser de question, sans doute appartenez-vous à la catégorie des battants, prêts à tout pour obtenir ce qu’ils veulent. Vous êtes particulièrement déterminé. Très bien, bravo ! Mais jusqu’où seriez-vous prêt à aller pour obtenir satisfaction ? Tuer quelqu’un ? Votre mère, peut-être ? Ou jusqu’à détruire la planète et tous les gens qui y habitent ? Réfléchissez un peu avant de faire n’importe quoi ! Si, à l’inverse, vous avez renoncé, peut-être manquez-vous de persévérance ? Ne croyez-vous pas qu’il faut accepter de se battre, de sortir de sa zone de confort pour ce qui, à nos yeux, a de la valeur ? À moins que vous apparteniez à cette catégorie de gens qui attendent que tout leur tombe déjà cuit dans le bec ; auquel cas, je préfère vous avertir : vous allez au-delà de graves désillusions. Quant à moi, si vous voulez savoir quelle serait ma position, c’est bien simple : jamais je n’aurais pris le risque d’emporter mon bien le plus précieux au-dessus d’un tas d’ordures. Je ne suis pas irresponsable ! Et la question ne se pose donc pas. |
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Ramasser ? |
Quand il entra dans la pièce, il était déterminé comme jamais, animé par la volonté de convaincre. Face à lui, deux recruteurs, un homme et une femme. C’était elle qui détenait le pouvoir de décision, il le comprit très vite. - Si nous retenons votre candidature, vous serez placé sous ma responsabilité, dit-elle. - Très bien. - Vous n’avez rien contre le fait d’être dirigé par une femme ? - Absolument pas. Elle lui sourit de façon énigmatique. - C’est ce que nous allons vérifier. Sans le quitter des yeux, elle prit une feuille de papier qu’elle froissa et roula en boule lentement, presque consciencieusement. Avant de la jeter au milieu de la pièce. - Ramassez-la. - Pardon ?! - Vous avez bien entendu. Ramassez. Incrédule, il y eut un instant de flottement. - Et pourquoi je la ramasserais ? - Parce que je vous le demande. Et que vous postulez pour faire partie de mon service. Elle se pencha vers lui. - Que les choses soient claires : si je vous embauche, c’est moi qui serai votre supérieure hiérarchique. Et vous devrez faire ce que je vous demande. - Vous voulez dire que ramasser ce papier, c’est une sorte de test ? - Interprétez-le comme vous voulez. Mais si vous répugnez à ramasser une boule de papier à ma demande, comment réagirez-vous quand je vous donnerai des ordres autrement plus engageants ? Il hésita un instant. Elle ne le quittait pas des yeux. - D’accord, je la ramasse. Ce qu’il fit prestement, posant la boule de papier sur le bureau. Elle lui sourit d’un air satisfait. - L’entretien est terminé. Vous ne faites pas l’affaire. - Je ne comprends pas, j’ai pourtant fait exactement ce que vous m’avez demandé ?! - Tout à fait. Mais je ne cherche pas à embaucher des béni-oui-oui. Je cherche des professionnels qui nourriront ma réflexion. Et qui seront capables de me dire non, lorsqu’ils l’estimeront nécessaire. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée. Et je vous remercie de fermer la porte derrière vous. #test #entretien d'embauche |
Aujourd'hui, bref retour en arrière - une publication datant de quelques années -, avant de repartir vers de nouvelles aventures : découvrez LICHEN, une excellente revue de poésie en ligne.
Si le cœur vous en dit, vous pouvez passer par ici :
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Avec 15 idées d'articles de blog |
Car ce n’est qu’à partir des attentes de votre public (potentiel) que vous serez en mesure d’écrire des articles susceptibles de capter l’attention. Voici 15 exemples d’articles de blog pouvant recueillir un succès fou. Quant au public potentiellement intéressé, c’est à vous de le trouver – rassurez-vous, ce n’est pas très compliqué… 1Comment embrasser une fille, quand on a dans la bouche un appareil dentaire gros comme un morceau de voie ferrée 2Comment trouver un premier emploi bien rémunéré et où l’on n’aura pas grand-chose à faire (en tous cas, rien de compliqué) 3Comment partir en vacances à l’autre bout du monde et se faire héberger dans des hôtels cinq étoiles, quand on n’a pas un sou en poche 4Comment concilier travail, vie à deux et sorties avec ses copains (en dormant au moins cinq heures par nuit) 5Comment trouver un boulot en CDI qui paye bien, sera à même d’offrir de fortes possibilités d’évolution et laissera un maximum de temps libre pour ses loisirs 6Comment devenir écrivain (et ainsi, échapper à l’esclavage du salariat) À noter que j'ai là mon mot à dire - et c'est ici : 7Comment regarder une série jusqu’au bout de la nuit et être en pleine forme au boulot, le lendemain matin (sans être obligé de prendre des amphétamines) 8Comment réussir à récupérer quand on ne dort pas la nuit (à cause de son enfant qui pleure) et qu’on travaille le jour 9Comment faire le bilan de la première partie de son existence à l’aube de ses quarante ans (et prendre les bonnes décisions pour la seconde partie) 10Comment faire comprendre à ses parents âgés que non, on ne pourra pas venir les voir tous les week-ends – mais qu’on les aime (quand même) toujours autant 11Comment investir sans risque et avec de gros gains, de façon à pouvoir partir en retraite au plus tôt (avec un niveau de vie supérieur à celui que l’on avait quand on travaillait) 12Comment continuer à paraître toujours aussi désirable et fringante, malgré les cheveux blancs, les rides et les seins qui tombent 13Comment réussir à bander toujours aussi dur, alors que l’on entre dans le quatrième âge 14Quel maison de retraite choisir où l’on sera bien accueilli, nourri et logé avec amour et en compagnie de pensionnaires aussi intéressants que chaleureux 15La recette infaillible pour mourir dignement, en ayant la sensation d’avoir accompli sa mission de vie, tout en restant optimiste pour la suite |
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Ça ira, ne t'en fais pas |
Sitôt que Bruno ouvrit les yeux, il fut ébloui par la lumière – qui s’amusait à lui projeter une lampe torche en plein dans les yeux ?!
- Mais arrêtez, quoi !
Il lui fallut plusieurs secondes avant de comprendre qu’il s’agissait seulement de la lumière du jour. À travers les carreaux des fenêtres, le soleil de midi emplissait la chambre d’une chaleur poussiéreuse.
Après la lumière, le second élément dont Bruno prit conscience, ce fut son cœur - les battements de son cœur. Qui s’activait non seulement dans sa poitrine, mais aussi à l’intérieur de son crâne. Dont la partie arrière palpitait douloureusement.
Et Bruno ressentit la soif, une intense sensation de soif.
Boire un verre d’eau lui apparut soudain un acte essentiel, quasiment vital - mais à l’instant où il redressa son buste en position verticale, les murs de sa chambre tanguèrent en suivant le même mouvement.
Qu’est-ce qui m’arrive ?
C’était l’anarchie dans sa tête. Lentement, des fragments de mémoire remontèrent à la surface de sa conscience.
Il se souvint avoir eu une semaine particulièrement rude. Tous les jours à tirer les sonnettes pour vendre de l’assurance-vie, autant dire à se faire claquer la porte au nez. Et quand on le faisait entrer, la partie était loin d’être gagnée. Une fois, il était resté toute une après-midi chez un couple de retraités, une après-midi à étaler sa documentation, expliquer, argumenter et reformuler pour finalement s’entendre dire que « Finalement non, ça ne nous intéresse pas. »
Mais le pire était ailleurs.
Le pire, c’était le débriefing du soir.
Une heure et demie à se faire aboyer dessus parce qu’il n’avait pas fait ses chiffres. Le seul mérite de son chef, c’était la franchise : « Les gars, si vous ne faites pas vos quotas, je vais tellement vous pourrir que je vous le garantis, vous aurez la gnaque pour ne jamais revivre ces moments-là ! »
Voilà.
On était dimanche et il était deux heures de l’après-midi. Dès le lendemain matin – autant dire dans quelques heures –, il lui faudrait remettre son costume, sa cravate et ses chaussures neuves (celles qui lui faisaient mal aux pieds) et retourner frapper aux portes, faire le guignol à débiter un discours abscond, qu’il avait lui-même du mal à croire.
C’est sûr, s’il avait su il se serait débrouillé autrement. Il aurait décroché un diplôme et aurait trouvé du travail avec un bureau et une secrétaire qui lui aurait servi le café avec le sourire - voire une vue plongeante sur son décolleté.
Mais à présent qu’il avait ce job, il n’était plus question de se défiler, il avait un loyer à payer.
Ce n’était pas une vie, ça !
Et pourtant si.
C’était la sienne.
La veille - samedi soir -, il avait éprouvé le besoin, la nécessité viscérale de décompresser. Autant dire, de picoler. Et beaucoup, beaucoup plus que de raison. Résultat, il s’était pris une cuite monumentale. Du genre de celle qu’on prend une seule fois dans sa vie, tellement on en bave au réveil.
Bruno reconstitua avec difficulté les fragments de sa soirée. Il s’était couché ivre mort tout habillé, sans même enlever ses chaussures. Une sensation de mouillé à l’entrejambes lui fit comprendre qu’il s’était pissé dessus. Et ce n’était pas tout - ses draps étaient souillés. Il avait rendu tripes et boyaux, malade à crever.
Bruno se leva dans un effort de volonté, dans un état de mal-être et de faiblesse comme il ne se souvenait pas en avoir jamais connu.
Rapidement, la station debout lui fut pénible et après quelques gorgées d’eau froide au robinet, il retourna s’allonger, le corps parcouru de frissons glacés.
Il se demandait s’il n’allait pas tomber en syncope tellement il se sentait mal, quand le téléphone sonna.
Au prix d’un effort surhumain, Bruno tendit le bras vers son téléphone portable.
- Allo ? Maman ? Oui, c’est moi… non, enfin… ce n’est pas que tu me déranges mais, heu… je faisais la sieste, là. Comment se passe mon nouveau travail ? Très bien. Je suis juste un peu crevé mais ça ira. Ne t’en fais pas.
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Rupture amoureuse |
C’est vrai, il avait levé la main sur elle.
Oui, il l’avait frappée.
Plusieurs fois.
Mais d’une part, cela n’avait été que des baffes ; de l’autre, il estimait avoir des circonstances atténuantes.
D’abord parce qu’il avait bu, ce soir-là.
Et tout le monde le sait : quand on a bu, on n’a plus toute sa tête à soi. Il fallait quand même en tenir compte, non ?!
Mais voilà, Julie n’avait rien voulu savoir. Pire, elle l’avait cherché.
Quasi provoqué !
Cette manie qu’elle avait de toujours lui reprocher des trucs, ça devenait insupportable.
D’accord, il avait couché avec la fille de la voisine. La plus jeune, celle qui avait quinze ans. Et il ne pouvait pas nier avoir joué l’argent des allocations familiales dans des paris sportifs. Des paris qu’il avait perdus.
N’empêche que s’il avait gagné, il n’aurait pas hésité à partager avec elle. Ou au moins, à lui en donner un peu. Et elle aurait été bien contente !
Malgré tout, elle s’était obstinée à lui faire la liste de tous ses manquements ; un peu comme si elle avait voulu s’acharner sur lui, alors qu’il était déjà plein à ras bord de problèmes !
Il n’avait pas pu faire autrement que de la frapper, c’était presque une question de survie.
Un geste d’auto-défense.
D’accord, peut-être pas tout à fait.
Mais pas loin.
Ce n’était pas de sa faute. Il avait bien fallu la faire taire à un moment, il n’avait pas vocation à être sa serpillière !
Après cette scène, elle l’avait quitté.
Et comme il avait rechigné à lui rendre ses affaires, elle l’avait appelé – et menacé :
- Je te préviens, j’ai un nouveau copain ! C’est lui qui va passer. Et il est champion de France de full contact, catégorie poids lourds !
- Hé, tu plaisantes j’espère ?!
Mais trop tard, elle avait raccroché.
Il songea que si ce qu’elle avait dit était vrai – si son nouveau copain était un poids lourd -, ce serait franchement DÉLOYAL.
Parce que lui faisait à peine cinquante kilos. Et tirait dans la catégorie poids mouche.
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Ça risque de mal se passer ! |
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Des effets dévastateurs d'une déception sentimentale |
Cette fois ça y est, il est parti.
Et il ne reviendra pas.
Jamais.
Maintenant, que vous le vouliez ou non, vous devez passer par toutes les étapes de ce processus appelé « courbe du deuil ». À savoir :
1/ Choc et sidération
2/ Déni
3/ Colère
4/ Peur et dépression
5/ Tristesse
Vous rentrerez ensuite dans une phase plus positive :
6/ Acceptation
7/ Pardon
8/ Quête du sens et du renouveau
9/ Sérénité et paix retrouvée
Pleurez.
Pour cela, cloîtrez-vous dans votre appartement, portes fermées et rideaux tirés. Eteignez votre portable et pleurez toutes les larmes de votre corps jusqu’à hoqueter de chagrin comme quand vous étiez petite et que votre grande sœur avait jeté votre ours en peluche par la fenêtre (vous aviez auparavant coupé aux ciseaux les nattes de sa poupée Barbie).
Non, vous n’êtes pas du genre à vous voiler la face. D’ailleurs, tout ça ne va pas assez vite pour vous et vous passez directement à la phase 6/ Acceptation.
Le teint aussi pâle que si vous vous étiez fait sucer un litre de sang par un vampire, faites le tour de vos amis communs et assurez-les que « Tout va bien » même si vos lèvres tremblantes et vos yeux rougis démentent manifestement cette affirmation.
Faites face aux mines compatissantes. Du bout des lèvres, reconnaissez que non, Julien ne s’est pas bien comporté avec vous.
En milieu de semaine, vous étiez partie voir votre mère malade. Julien n’avait pas pu vous accompagner – « J’ai vraiment trop de travail, tu sais ! »
Le dimanche soir, vous étiez heureuse de retrouver votre chéri ; heureuse et étonnée de le voir si fatigué, des cernes, de vraies valises sous les yeux comme s’il n’avait quasiment pas dormi depuis votre départ :
- Mais… tu as fait la fête ou quoi ?
- Tu plaisantes !? J’ai bossé comme un fou toute la semaine !
Vous auriez aimé qu’il vous prenne dans ses bras et vous emmène au lit avec des étoiles plein les yeux – mais Julien vous avait souri d’un air gêné :
- Heu… désolé mais il faut que je m’y remette.
Un rapport à taper sur son ordinateur portable, vous n’aviez pas vraiment écouté la suite.
Il avait fallu vous résoudre à vous rendre seule dans votre grand lit aux draps froids. En espérant que Julien vienne vous rejoindre avant que vous ne vous endormiez.
C’était là que tout avait dérapé.
Parce qu’une fois sous les couvertures, vous aviez senti, touché quelque chose du bout du pied.
Sans savoir ce que c’était, vous aviez glissé une main sous les draps pour vous saisir de ce quelque chose.
Surprise, c’était un préservatif.
Usagé.
Alors que vous et Julien n’en utilisiez jamais.
D’un coup, c’était comme si la Terre s’était arrêtée de tourner, comme si le sang ne voulait plus couler le long de vos veines. Comme si vous vouliez mourir.
Au bout de plusieurs minutes d’horreur absolue, un mince espoir, la flammèche d’une dernière et ultime chance vous était apparue dans l’océan de noirceur où vous étiez plongée.
Hagarde, vous aviez traîné des pieds jusqu’à la salle à manger. Julien vous était apparu de dos, concentré sur l’écran de son ordinateur.
- Quelqu’un est venu à la maison pendant mon absence ?
Et si un couple d’amis était venu, un soir ; et si Julien les avait hébergés pour la nuit ; et s’il avait insisté pour leur laisser votre lit ; et si ce couple avait fait l’amour ; et si… et si…
- Non, personne. Pourquoi ?
- Pour rien.
Vous étiez retournée dans la chambre.
Le lendemain matin, vous n’aviez fait que vous croiser.
Et le soir, Julien avait retrouvé ses affaires entassées en vrac sur le trottoir, devant la porte de l’immeuble.
Admettez – ainsi que le suggèrent fortement ceux et celles qui se prétendent vos meilleurs amis – admettez que Julien ne vous méritait peut-être pas. Mais ajoutez que non seulement, vous ne lui en voulez pas mais vous lui souhaitez bonne chance, ne serait-ce qu’en souvenir de tous les bons moments que vous avez passé ensemble.
Dîtes-le et répétez-le encore.
Même si vous n’en pensez pas un traître mot.
Même si pour vous, Julien est une ordure à qui vous souhaitez une mort aussi rapide et douloureuse que possible (autant dire que vous ne vous sentez pas concernée par l’étape 7/ Le Pardon).
Il s’agit de la phase active de votre guérison. Pour la mener à bien, il vous faudra faire preuve d’imagination.
Commencez par échafauder des hypothèses.
Prenez une feuille de papier et notez sans vous censurer toutes les idées qui vous viennent à l’esprit :
- répandre le bruit que le pénis de Julien est minuscule
- répandre le bruit que Julien jouit dans un grand râle après cinq à dix secondes de va et vient (mais refuse de se considérer comme un éjaculateur précoce)
- répandre le bruit que le matin au réveil, Julien exigeait que vous lui fassiez une fellation avant même que vous ayez pu prendre votre café
- répandre le bruit que Julien répugnait à se laver les parties intimes en prétextant que le savon lui irritait la peau
- répandre le bruit…
Et puis non.
Tout ça ferait beaucoup de bruits répandus – et toujours au dessous de la ceinture, vous l’aurez bien noté.
En réalité, rien de tout cela ne conviendrait. Vous êtes au dessus de ces considérations scabreuses. Vous n’êtes pas une garce, vous avez juste besoin de rétablir un certain équilibre des choses.
Alors voilà ce que vous allez faire :
Munissez-vous de préservatifs.
Injectez-y une dose de lait concentré pour faire croire qu’ils ont servi – et bien servi !
Dorénavant, chaque fois que vous le pourrez, glissez-en subrepticement un exemplaire dans la poche de veste ou de pardessus d’un de ces messieurs - n’importe qui et n’importe où, au bureau, dans les poches des fringues suspendues aux portemanteaux des bars et des restaurants, dans le métro, le bus ou à l’occasion de soirées, partout où cela vous sera possible.
Parce qu’il n’y a pas de raison. Non, il n’y a aucune raison que vous soyez seule à souffrir.
Racontez toute l’histoire à votre grande sœur, la seule en qui vous ayez vraiment confiance. Elle se montre estomaquée par vos confessions.
- Mais c’est horrible ! Et tu l’as fait combien de fois… je veux dire, mettre des préservatifs dans la poche d’hommes que tu ne connaissais pas ?
- J’en suis à trois cent soixante-douze.
Elle vous regarde, horrifiée.
- … tu te rends compte le mal que tu risques de faire à ces innocents ?
- Et alors ? Moi aussi, j’étais innocente.
- Tout de même ! Tu n’as pas… je ne sais pas, de remords ou de regrets ?
- Si.
- Ah, quand même !
- Je regrette de ne pas voir la tête de la femme qui croit trouver un préservatif usagé dans la veste de son mec.
Ça y est, cette fois c’est sûr !
Vous êtes guérie.